Le retour du petit format en peinture

Petit format ousin
Petit format

Nous avons pris l’habitude ces dernières années de peindre de plus en plus grand, pour des raisons « pratiques » probablement. Ne cherchons pas midi à quatorze heures.

je pourrais vous pondre une démarche compliquée pour vous en expliquer la raison, avec des mots alambiqués très compliqués,

mais voila, je n’en ai pas envie. Les vraies raisons sont les suivantes.
1°Les murs de nos habitations sont de plus en plus grands, paradoxalement, les esprits s’étriquent.
2°Le meilleur moyen de se faire remarquer dans un salon d’art est de peindre plus grand que son voisin….Et plus coloré si possible.
3°Ce qui est surdimensionné est cher, donc, de qualité

Fatima Cousin
Petit format

Mais bon, la crise est passée par là pour nous autres pauvres artistes. Le très grand est cher à réaliser et il ne trouve plus vraiment acquéreur.

L’occasion de revenir à une peinture de chevalet plus rassurante, du petit format moins fatigant (on vieillit) et, au delà de toutes ces considérations bassement humaines
cela nous permet de revenir à une vision plus saine de notre métier.

Je m’amuse de mon travail, que ce soit avec ce cher Salvador Dali et son inséparable Gala ou cette petite ballerine vêtue d’une robe de papier imprimé surprise dans son clair obscur inquiétant, l’ambiance comme l’émotion sont immédiates.

Ne sont-ce pas là les fondamentaux de notre métier ?

Et puis, Rembrandt et Degas réunis dans un seul petit format, c’est un luxe qu’on ne saurait refuser.

Fatima Cousin
Petit format

Petit personnage de Nara Yoshitomo

Acrylique et collage sur 4 panneaux

Nara apparaît dans le mouvement pop art Japonais des années 90.

Ses œuvres agressives et naïves où il représente des enfants et des animaux qui portent des armes sont devenues objets de culte aujourd’hui.

La froideur et la violence = la tendresse et la malice (des humains enfants)…

Ce petit personnage inspiré de Nara me donne l’occasion de partager la révolte qui me submerge… Alors, aujourd’hui, je lâche un cri : HO ! HE ! LE MONDE !!! SORS TON CŒUR ET TES PIEDS DE LA GLAISE !!!

Mais malheureusement, en temps de crise, le peuple ne se tourne pas vers les meilleurs d’entre nous mais vers ceux qu’ils croient forts car ils prêchent la violence…

Albert Camus a dit : « Comprendre, c’est avant tout unifier. »

A la semaine prochaine pour une nouvelle citation.

 

Restauration d’un portrait signé De Pommayrac

Nous allons suivre dans cet article la restauration d’un portrait de famille signé E.P. De Pommayrac, daté 1867.

 

Un peu d’histoire

Pierre Paul Emmanuel De Pommayrac

Peintre et miniaturiste, né à Porto-Rico de parents Français, le 25 avril 1807, mort à Paris le 10 juillet 1880 (école Française).

Elève de Gros et de madame De Birtel. Il eut une médaille de 3° classe en 1835, une autre de 2° classe en 1836 et 1848 puis une de 1° classe en 1842. Chevalier de la légion d’honneur en 1852. Il exposa au Salon de Paris de 1835 à 1880 des portraits et quelques autres sujets.

(Bénézit  ed. 1975)

Etat de l’oeuvre

Cette oeuvre a subi un dégât des eaux assez important qui a détendu la toile, décollé localement (en périphérie) la couche picturale et chanci le vernis qui présentait donc un aspect visuel lamentable (traces bleuâtres) Cependant, ce tableau, résistant n’avait jamais reçu les soins d’un restaurateur de tableaux, (ce qui est rare pour une huile de cette époque), il était dans son « jus », dans un état relativement correct, fruit d’une bonne conservation pratiquée avec soin.

1° étape

détacher la toile de son châssis pour un examen plus approfondi du support à plat.

 

On peut apercevoir nettement les auréoles résultant de l’eau, mais le support ne semblait pas avoir tant souffert. De plus, le fait que le tableau ait été exposé toutes ces années dans un château me laissaient supposer que les conditions de températures n’étaient pas trop élevées et le taux d’hygrométrie relativement élevé, l’idéal pour la conservation d’huiles sur toile. L’examen de la toile me le confirmait, après toutes ces années, cette dernière était restée souple et la couche picturale n’était pas friable, je pris donc la décision de ne pas rentoiler l’oeuvre. Je trouve toujours miraculeux qu’une oeuvre de près de 150 ans arrive dans cet état et m’efforce d’appliquer la loi du minimum, en faire le moins possible, laisser le plus possible d’éléments originaux.

J’ai donc pris la décision de refixer les parties abîmées de la couche picturale suite au dégât des eaux et appliquer des bandes de tension à la périphérie afin d’avoir une base solide pour retendre le tableau comme il faut, avec application d’une petite pièce en gaze pour un léger accident au niveau du pantalon.

Une fois la toile retendue, les écailles refixées, nous pouvons passer au dévernissage sur un support sain et solide.

Après quelques essais effectuées sur les parties claires et épaisses, le mélange de solvants est décidé, assez fort pour retirer le vernis et assez doux pour épargner la peinture, notamment les glacis des fonds foncés.

Le nettoyage terminé, il ne restait plus qu’à procéder à quelques petites retouches de confort et à une autre touche finale délicate, le vernis.

 

Réalisation de la BD : Nom de code Prométhée.

Présentation de la planche 23 à 25

Nom de code : Prométhée
Planche 23 à 25

Nettoyage et retouche d’une oeuvre XVIII°

Cette huile sur panneau présente des chancis et décollements de la couche de vernis.

Ce qui ne poserait pas de problème particulier si le vernis en question n’était pas un gel acrylique. Dans un tel cas, le problème de la réversibilité se pose, en effet, les vernis et gels acryliques ne possèdent pas de solvants, le seul moyen de s’en débarrasser est d’ordre mécanique, à force de grattage avec une spatule en plastique. Il est possible de ramollir ou « friser » la couche avec des solvants ce qui rend le grattage plus aisé, encore faut il faire attention à ce que ces derniers n’atteignent pas la couche picturale.

     

Pourquoi utiliser un gel acrylique sur un tableau ancien alors que ce genre de produit est fortement déconseillé en restauration de tableau du fait de son irréversibilité ?

Pour bien le comprendre, regardez la photo ci-dessus, c’est un détail localisé dans le ciel. On s’aperçoit que le ciel a été complètement repeint en ocre jaune, le ciel bleu réapparaissant en bleu en dessous. Pourquoi jaune ? Parce que c’est à peu près la couleur d’un ciel bleu avec une grosse couche de vernis ancien qui a fort jauni.

Le gel acrylique permet de neutraliser les effets de la lampe de Wood utilisée pour déterminer à quel point un tableau a été repeint (sous la lampe de wood la peinture originale apparait dans un violacé pâle alors que les retouches apparaissent quasiment en noir)

Dans ce cas, il s’agit d’un acte malveillant visant à tromper un éventuel acheteur.

Donc le problème se corse, à la suppression compliquée du gel acrylique, il faut ajouter l’effacement périlleux de ces gros repeints maladroits.

La 1° photo montre une compresse légèrement imbibée de solvants appropriés qu’on laisse agir en attendant que les encrassements se ramollissent un peu. La 2° photo montre l’aspect après le grattage. C’est réellement comme un film plastique très adhésif que l’on doit ôter millimètre par millimètre.

Les couleurs d’époque commencent à reprendre le dessus, le ciel bleuté, la verdure du lointain. La chèvre retrouve son beau pelage originel. Et on commence à apercevoir l’étendue des repeints à effectuer.

après l’avoir débarrassé de toutes ces interventions lourdes et malheureuses, appliqué de nouvelles retouches légères, pour la réintégration globale. Le tableau a retrouvé toute son authenticité et sa valeur car on a pu se rendre compte qu’il n’avait pas tant de lacunes que ça. Mais il est plus aisé pour des mains malhabiles de repeindre un fond complet que retrouver la couleur adéquate pour des retouches aussi minimes soient elles.