Nous avons eu l’idée de créer un cours de restauration de tableaux. Attention, il ne s’agit pas de remplacer un vrai spécialiste, il est hors de question de se substituer aux professionnels dans ce domaine car l’apprentissage de ce métier est long est fastidieux mais vous avez tous chez vous un vieux portrait de famille ou une nature morte chinée, achat coup de cœur d’une valeur marchande modeste qui mériterait un petit coup de jeune. Nous vous proposons de venir le restaurer chez nous. Si vous ne possédez pas de peintures à restaurer ou à nettoyer, vous aurez le loisir de vous entraîner sur cette oeuvre qui appartient à l’atelier
Il y a quelques années, j’avais déjà effectué les premières étapes de restauration, fixation de la couche picturale, rentoilage, pose de pièces de réintégration et essais de nettoyage. 

Étiquette : Restauration
Restauration d’un portrait signé De Pommayrac
Nous allons suivre dans cet article la restauration d’un portrait de famille signé E.P. De Pommayrac, daté 1867.
Un peu d’histoire
Pierre Paul Emmanuel De Pommayrac
Peintre et miniaturiste, né à Porto-Rico de parents Français, le 25 avril 1807, mort à Paris le 10 juillet 1880 (école Française).
Elève de Gros et de madame De Birtel. Il eut une médaille de 3° classe en 1835, une autre de 2° classe en 1836 et 1848 puis une de 1° classe en 1842. Chevalier de la légion d’honneur en 1852. Il exposa au Salon de Paris de 1835 à 1880 des portraits et quelques autres sujets.
(Bénézit ed. 1975)
Etat de l’oeuvre
Cette oeuvre a subi un dégât des eaux assez important qui a détendu la toile, décollé localement (en périphérie) la couche picturale et chanci le vernis qui présentait donc un aspect visuel lamentable (traces bleuâtres) Cependant, ce tableau, résistant n’avait jamais reçu les soins d’un restaurateur de tableaux, (ce qui est rare pour une huile de cette époque), il était dans son « jus », dans un état relativement correct, fruit d’une bonne conservation pratiquée avec soin.
1° étape
détacher la toile de son châssis pour un examen plus approfondi du support à plat.
On peut apercevoir nettement les auréoles résultant de l’eau, mais le support ne semblait pas avoir tant souffert. De plus, le fait que le tableau ait été exposé toutes ces années dans un château me laissaient supposer que les conditions de températures n’étaient pas trop élevées et le taux d’hygrométrie relativement élevé, l’idéal pour la conservation d’huiles sur toile. L’examen de la toile me le confirmait, après toutes ces années, cette dernière était restée souple et la couche picturale n’était pas friable, je pris donc la décision de ne pas rentoiler l’oeuvre. Je trouve toujours miraculeux qu’une oeuvre de près de 150 ans arrive dans cet état et m’efforce d’appliquer la loi du minimum, en faire le moins possible, laisser le plus possible d’éléments originaux.
J’ai donc pris la décision de refixer les parties abîmées de la couche picturale suite au dégât des eaux et appliquer des bandes de tension à la périphérie afin d’avoir une base solide pour retendre le tableau comme il faut, avec application d’une petite pièce en gaze pour un léger accident au niveau du pantalon.
Une fois la toile retendue, les écailles refixées, nous pouvons passer au dévernissage sur un support sain et solide.
Après quelques essais effectuées sur les parties claires et épaisses, le mélange de solvants est décidé, assez fort pour retirer le vernis et assez doux pour épargner la peinture, notamment les glacis des fonds foncés.
Le nettoyage terminé, il ne restait plus qu’à procéder à quelques petites retouches de confort et à une autre touche finale délicate, le vernis.









