Cette huile sur panneau présente des chancis et décollements de la couche de vernis.
Ce qui ne poserait pas de problème particulier si le vernis en question n’était pas un gel acrylique. Dans un tel cas, le problème de la réversibilité se pose, en effet, les vernis et gels acryliques ne possèdent pas de solvants, le seul moyen de s’en débarrasser est d’ordre mécanique, à force de grattage avec une spatule en plastique. Il est possible de ramollir ou « friser » la couche avec des solvants ce qui rend le grattage plus aisé, encore faut il faire attention à ce que ces derniers n’atteignent pas la couche picturale.
Pourquoi utiliser un gel acrylique sur un tableau ancien alors que ce genre de produit est fortement déconseillé en restauration de tableau du fait de son irréversibilité ?
Pour bien le comprendre, regardez la photo ci-dessus, c’est un détail localisé dans le ciel. On s’aperçoit que le ciel a été complètement repeint en ocre jaune, le ciel bleu réapparaissant en bleu en dessous. Pourquoi jaune ? Parce que c’est à peu près la couleur d’un ciel bleu avec une grosse couche de vernis ancien qui a fort jauni.
Le gel acrylique permet de neutraliser les effets de la lampe de Wood utilisée pour déterminer à quel point un tableau a été repeint (sous la lampe de wood la peinture originale apparait dans un violacé pâle alors que les retouches apparaissent quasiment en noir)
Dans ce cas, il s’agit d’un acte malveillant visant à tromper un éventuel acheteur.
Donc le problème se corse, à la suppression compliquée du gel acrylique, il faut ajouter l’effacement périlleux de ces gros repeints maladroits.
La 1° photo montre une compresse légèrement imbibée de solvants appropriés qu’on laisse agir en attendant que les encrassements se ramollissent un peu. La 2° photo montre l’aspect après le grattage. C’est réellement comme un film plastique très adhésif que l’on doit ôter millimètre par millimètre.
Les couleurs d’époque commencent à reprendre le dessus, le ciel bleuté, la verdure du lointain. La chèvre retrouve son beau pelage originel. Et on commence à apercevoir l’étendue des repeints à effectuer.
après l’avoir débarrassé de toutes ces interventions lourdes et malheureuses, appliqué de nouvelles retouches légères, pour la réintégration globale. Le tableau a retrouvé toute son authenticité et sa valeur car on a pu se rendre compte qu’il n’avait pas tant de lacunes que ça. Mais il est plus aisé pour des mains malhabiles de repeindre un fond complet que retrouver la couleur adéquate pour des retouches aussi minimes soient elles.








