Expo les 10 et 11 novembre 2019 14-18 les gueules cassées

Exposition 14-18 Les gueules cassées dimanche 10 de 15H à 20H et lundi 11 : Vernissage et finissage à partir de 14 heures

La Villa saint Ghislain : 25, rue de Condé 59163 Thivencelle tel. 06 81 27 32 38

La guerre 14…Vous vous souvenez ? La guerre des tranchées, les poilus, Verdun et tout le toutim. Aujourd’hui elle n’est évoquée que dans les livres d’histoire, la mémoire vivante s’en est allée. C’est loin tout ça, tellement loin.

Gueules cassées
Gueules cassées

Je suis né au début des années 60 et je me souviens, comme tous ceux de ma génération, de cette cohorte de vieillards paisibles qui défilaient doucement tous les ans le 11 novembre, on les regardait avec bienveillance les vieux. Oui pour nous, c’était les vieux, les vieux et leur guerre légendaire, la der des der. A vrai dire, ça ne nous disait pas grand chose, les seules images qu’on avait imprimées dans nos jeunes têtes plus ou moins blondes étaient celles du film « les croix de bois » de 1932 tiré du célèbre livre de Roland Dorgelès… Ça nous paraissait pas si terrible que ça  car bien que ce film ait été tourné dans des décors réels avec des vétérans, je suppose que la censure militaire veillait au grain, nous sommes en 1932 et la guerre 14, nous le comprendrons bien plus tard avec le recul, n’était pas terminée, elle devait reprendre 6 ans plus tard, en 1938, les accords de Versailles ayant ouvert la porte à la reprise des hostilités.

guerre 14-18
gueule cassée
Les oubliés 14-18
Gueule cassée

Nous regardions ces anciens combattants avec respect, certes, car on nous apprenait à respecter les anciens mais en vérité, nous ne les comprenions pas.

Comment aurions pu imaginer l’inimaginable, ces corps meurtris, hachés, broyés par le fruit de l’essor industriel : l’acier. Ces âmes perdues et errantes pour le reste d’un ersatz de vie. Nous les pensions paisibles ? Ils étaient résignés, cantonnés dans le rôle familial du pépé gâteux qui ressasse ses histoires de régiment à la communion du petit quand il a bu un coup et je crois qu’ils s’en foutaient les pépères, ils savaient que jamais nous ne pourrions les comprendre et il me plaît d’imaginer qu’ils nous regardaient avec cynisme car contrairement à nous, eux n’avaient plus peur, ils étaient déjà morts il y a longtemps, là-bas, en Champagne, dans la Somme, en Argonne…

C’est à eux que je rends hommage.

gueules cassées
gueules cassées

Laisser un commentaire